Devant l’étiquette d’un sac de croquettes, le regard peut s’arrêter sur deux sigles : EPA et DHA. On les croise de plus en plus souvent, mis en avant comme des ingrédients précieux, sans toujours savoir ce qu’ils recouvrent réellement. Un maître attentif, qui vient d’accueillir un chiot ou qui cherche simplement à offrir le meilleur à son compagnon vieillissant, se retrouve alors face à une interrogation légitime. Ces trois lettres méritent-elles vraiment qu’on s’y attarde ? Font-elles une différence concrète dans la gamelle ? Au fond, les chiens ont-ils besoin d’EPA et de DHA ? Pour y voir clair, il faut d’abord comprendre de quoi l’on parle, puis se tourner vers les repères posés par les nutritionnistes. On vous en dit plus !
Cet article en bref
- L’EPA et le DHA sont des oméga-3 à longue chaîne, présents surtout dans les sources marines.
- Pour le chiot et la femelle en gestation ou lactation, la FEDIAF recommande de petites quantités de DHA et/ou d’EPA dans les aliments de croissance et de reproduction
- Pour le chien adulte en bonne santé, les données ne permettent pas de fixer un niveau strictement indispensable ; ces acides gras relèvent plus d’un choix de qualité que d’une obligation nutritionnelle.
- Leur utilité dépend du stade de vie ; mieux vaut s’appuyer sur les repères de la FEDIAF, privilégier les sources marines, et demander conseil à un vétérinaire pour un profil précis.
Que sont précisément les EPA et DHA ?
Derrière ces acronymes se cachent deux acides gras au nom savant : l’acide eicosapentaénoïque pour l’EPA, et l’acide docosahexaénoïque pour le DHA. Tous deux appartiennent à la grande famille des oméga-3, ces graisses dites « essentielles » que l’organisme du chien ne sait pas fabriquer seul en quantité suffisante.
Il existe plusieurs types d’oméga-3. Le plus connu, l’acide alpha-linolénique (ALA), provient de sources végétales comme les graines de lin ou l’huile de colza. L’EPA et le DHA, eux, se trouvent avant tout dans l’univers marin : poissons gras, huile de poisson, krill et certaines microalgues en sont les réservoirs naturels.
Le chien possède bien la capacité de transformer l’ALA végétal en EPA et en DHA, mais ce mécanisme reste peu efficace : seule une faible partie est réellement convertie. Voilà pourquoi les sources marines, qui apportent ces acides gras déjà prêts à l’emploi, sont considérées comme les plus fiables. Mais alors, les chiens ont-ils besoin d’EPA et de DHA ?
Alors, les chiens ont-ils besoin d'EPA et de DHA ?
En réalité, tout dépend de l’âge et du stade de vie de l’animal. Les recommandations de la FEDIAF sont, à cet égard, particulièrement éclairantes.
Chez le chiot en pleine croissance, comme chez la femelle en gestation ou en lactation, ces acides gras ont une vraie importance. Durant la vie fœtale et les premières semaines, le DHA s’accumule naturellement dans le cerveau et la rétine en plein développement. Il est donc envisageable d’intégrer de petites quantités de DHA et/ou d’EPA dans les aliments destinés à la croissance et à la reproduction. Comme la conversion à partir des oméga-3 végétaux demeure limitée, un apport direct est jugé préférable pour couvrir ces besoins délicats.
Chez le chien adulte en bonne santé, la situation est plus subtile. À ce jour, les données disponibles ne permettent pas de fixer un niveau d’oméga-3 précis qui serait strictement indispensable à l’entretien quotidien. Autrement dit, l’EPA et le DHA n’y sont pas classés parmi les nutriments réellement essentiels, même si l’intérêt d’un apport régulier suscite une attention croissante des chercheurs.
Alors, les chiens ont-ils besoin d’EPA et de DHA ? Disons qu’ils en tirent un bénéfice lors des grandes étapes de construction de l’organisme, mais que pour l’adulte, ces acides gras relèvent davantage d’un choix que d’une obligation nutritionnelle formelle.